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Bienvenue sur ce site consacré aux soldats et travailleurs coloniaux de Madagascar face à la violence du premier conflit mondial

 

Les projets qui suivent ont pour objet de faire découvrir ou redécouvrir ces tirailleurs et travailleurs magaches, la violence qu’ils ont connue et que leurs proches ont pu aussi ressentir, leur expérience de l’« outre-mer » et d’un conflit aux dimensions mondiales. Ces propositions, en rien exclusives d’autres projets, concernent aussi bien les élèves de Primaire que de Collège et de Lycée. Elles s’inscrivent dans un cycle d’au moins deux années (2013-2014 et 2014-2015) et pourront être prolongées durant toute la durée du Centenaire de la Grande Guerre.

Equipes impliquées dans les projets

Une liste de diffusion a été créée pour favoriser les échanges entre les enseignants prenant part avec leurs élèves à des projets sur la Grande Guerre (adresse : tiraera@histegeo.org).

Un stage régional de formation sur la "pédagogie de projet" (15-17 janvier 2014) a permis de dresser un premier bilan des projets d'équipes.

Voir les projets plus détaillés :

- des Comores (avec le document d'enquête)

- d'Antsirabe

« Tirailleur(s) de ma région »

Le dépouillement des fiches des soldats malgaches « morts pour la France » et le choix de personnages originaires des différentes régions de l’île doit permettre aux enseignants qui le souhaitent et à leurs élèves de faciliter l’étude d’un exemple local.

Voici les 27 fiches de tirailleurs.

A partir de ce destin individuel et proche, les élèves peuvent mener des recherches pour trouver des informations sur ce soldat : l’âge, le grade, le bataillon et régiment d’incorporation, la distance entre le lieu de naissance ou du domicile et le lieu de recrutement, la cause du décès et sa localisation... Ils peuvent dépouiller des journaux d'époque.

Le travail des élèves peut prendre différentes formes (biographie, exposition, « musée de classe », « mur des noms » au CDI...) ; il peut déboucher par exemple sur un carnet de guerre artistique, fictif mais basé sur des faits réels, qui retracerait l’aventure du soldat originaire de la région dans laquelle se trouve l’établissement, avec dessins, peintures, poèmes et textes.

Les classes de Primaire peuvent ainsi participer, dans le cadre de ce projet, au concours scolaire national intitulé « Les petits artistes de la mémoire, la Grande Guerre vue par les enfants » organisé par l'Office National des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG). Les classes peuvent aussi participer au prix de la Mémoire et du civisme de la FNAM.

Ce travail peut être étendu à d'autres soldats de la région, à partir notamment de la géolocalisation des lieux d’origine de beaucoup d'entre eux sur un globe virtuel (voir page "cartographie").

Au nord du Tuléar par exemple, plusieurs tirailleurs honorés par la France sont originaires des villages de la basse vallée du fleuve Fiherenana : à Belalanda le soldat KIRIHAKO ; à Maromiandra le tirailleur MAHAROFY ; à Ankotsaobihia le 2e classe JOANINA ; à Vorondreo le combattant MANDREVO...

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Image extraite de la carte des villages d'origine des tirailleurs malgaches

« Echanges France / Madagascar / Mali »

Le culte des morts est central dans la société malgache. Comment les familles des soldats morts et enterrés hors de l’île ont-elles pu non seulement faire le deuil de leur proche mais l’honorer comme un ancêtre ?

Les échanges entre établissements ont pour but de rentrer en contact avec des élèves vivant près du lieu de sépulture où repose le tirailleur originaire de la région dans laquelle se trouve l’établissement scolaire pour qu’ils puissent envoyer à Madagascar une photographie de la tombe qu’ils auront fleurie (bleuet, coquelicot, pensée...). Un aloalo, poteau funéraire traditionnel racontant sous forme de sculptures les événements saillants de la vie du défunt, pourrait être réalisé à cette occasion et planté dans les nécropoles concernées.

Là encore, la localisation des nécropoles et les contacts électroniques des établissements scolaires environnants (de même niveau d’enseignement) sont fournis aux enseignants et aux élèves. Voir au bas des 27 fiches de tirailleurs.

Des enseignants de France ont ainsi reçu des listes de tirailleurs pour les départements du Nord et du Rhône.

20 soldats malgaches du 109e Régiment d'Artillerie Lourde sont morts dans l'Yonne à Avallon et un monument commémore ces "morts pour la France".

L’utilisation des TICE s’avère à nouveau essentielle. On peut imaginer que les élèves de la Grande Île préparent un profil Facebook du tirailleur choisi, afin d’élargir le champ de leur travail et, éventuellement, d’entrer en contact avec des personnes souhaitant donner des informations supplémentaires sur le soldat. Le cas de certains tirailleurs morts hors de France peut permettre aux élèves et d’entrer en relation avec d’autres établissements à l’étranger, en Europe ou autour de la Méditerranée. Le travail peut alors être mené dans plusieurs langues. En sens inverse, les élèves de Madagascar qui vivent près d’un carré militaire où reposent des soldats non natifs de l’île peuvent aussi entrer en contact avec les établissements des villes ou villages dont sont originaires ces militaires. A titre d’exemple, plus de 50 soldats de la Réunion reposent dans les cimetières d’Antananarivo et de Diégo Suarez. L’opération peut bien sûr être couplée avec l’opération « Tirailleur(s) de ma région ».

Deux partenariats existent actuellement :

- « Projet Rafiringa » avec le Lycée Raymond-Poincaré de Bar-le-Duc et la nécropole de Rembercourt-Sommaisne (niveau Première)

- « Projet Mémoire(s) France-Mali-Madagascar » avec le Collège Boris Vian de Saint-Priest, le Lycée Liberté de Bamako et la nécropole nationale de la Doua (Villeurbanne) (niveau Troisième-Seconde)

Le cas des tirailleurs RAZAFIMBAMALAZA et RAMIAKATRA

Le 2e classe RAZAFIMBAMALAZA est né près de Tananarive, à Ambalavato. A l’âge de 20 ans, il est enrôlé et part pour la France où il rejoint le 130e régiment d’artillerie lourde sous le matricule 37528. Malade, il est intégré au dépôt des isolés coloniaux et soigné dans une annexe du Val-de-Grâce, l’hôpital du jardin colonial de Nogent sur Marne, ce jardin même qui abrite le Monument au souvenir des soldats de Madagascar. Il repose au carré militaire du cimetière communal, à l’emplacement noté 48. Son nom devient à peine lisible. A ses côtés, se trouvent 12 autres tirailleurs ; tous sauf un (RATZEMBELA) figurent dans la Base MPF. Aucune trace, en revanche, d’un tirailleur mort dans le même hôpital (RABIFIRARA). Peut-être ce dernier repose-t-il dans le carré de corps restitués à Ivry-sur-Seine, où est enterré un soldat décédé à l’hôpital de Nogent (RAFARALAHY) ?

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Un patronyme plus lisible sur sa sépulture, celui du soldat RAMIAKATRA, mort et enterré à Provins (Seine-et-Marne). On le voit sur la photographie, les lettres de son nom ont été inversées, ce qui peut rendre l’identification plus compliquée. Qui est aussi ce RALAIMANGA du 20e bataillon qui repose à ses côtés, « mort pour la France » en janvier ou février 1918 mais absent de la base MPF ?

« Les naufragés du Djemnah »

Le concours consiste à écrire un scénario esquissé de bande dessinée (22 planches) à partir d’un synopsis commun. Il s’agit de réaliser un « story-board » à partir d’une histoire plausible, fondée sur des recherches, autour d’un événement et des personnages réels. L’équipe gagnante verra son scénario mis en image par le dessinateur Mamy RAHAROLAHY.

SYNOPSIS

C’est une histoire qui ne se termine pas bien : c’est l’histoire de toutes les guerres. Mais une histoire peu connue, celle du naufrage d’un paquebot qui voit la vie de plus de 200 tirailleurs malgaches engloutie sur leur chemin de retour. Le 7 juillet 1918, le navire à vapeur Djemnah quitte Marseille pour Madagascar. A son bord, plusieurs centaines de tirailleurs et travailleurs blessés ou malades qui regagnent Madagascar, après une halte à Djibouti pour y laisser des soldats somaliens. Les hommes de Diégo Suarez ou de Tamatave connaissent bien le bateau qui les ramène chez eux. C’était un des bateaux utilisés pour relier la France à Madagascar, depuis que la Grande Île était devenue colonie. C’est même le Djemnah qui avait ramené en France le général Gallieni, une fois sa mission de « pacification » accomplie. Depuis que la guerre avait commencé, il servait au transport des troupes. A bord, les hommes évoquent ces mois passés loin de chez eux. Le jeune RAFILOBERA dit « Rafi », rêve de rejoindre son village de Miadana, tout près d’Ambatolampy. Sa fiancée l’y attend. Parmi les hommes qui l’entourent, il est très impressionné par les hommes du 12e bataillon, qui sont allés si souvent au feu ces derniers mois. Le tirailleur RATSIZA pourrait être son père. Il s’apprête à fêter ses 37 ans avec les siens, dans son quartier d’Ankorondrano, à Tana. Une fête au goût amer. La guerre l’a beaucoup marqué. Il a perdu plusieurs amis lors de la bataille du Chemin des Dames au début du mois de mai 1917, lors de la prise de la tranchée de l'Aviatik. C’est justement à Soissons, au milieu des combats, qu’il a passé un « fatidra », un pacte fraternel avec les deux soldats qui lui ont sauvé la vie : le vétéran MAHAKOSA, originaire de la région de Tuléar et le clairon RABELAHY, de Tanjombato. Les trois hommes se sont ensuite retrouvés blessés ou malades à Marseille au Dépôt des Isolés Coloniaux et les voilà en route pour la Grande Île. Ils parlent de la guerre, de l’avenir, de leurs contacts avec les habitants de la métropole. Le tirailleur RAJAONASY, du 13e bataillon, se souvient de son séjour à la Tremblade en Charente-Maritime à l’automne 1917. Il est fier de montrer la carte postale qui a été réalisée à cette occasion. Mais les hommes sont inquiets : harnachés dans des bouées de sauvetage, ils savent que les sous-marins allemands rôdent autour d’eux. Le 14 juillet, en ce jour de fête nationale pour les Français, le UB105 croise leur chemin au large de la Libye, au sud de la Crète. Le bateau est torpillé et coule en quelques minutes. Aucun des 5 hommes ne retrouvera sa terre natale, comme près de 200 de leurs camarades.

bateau

Des tirailleurs malgaches, à bord de “l’Océanien”, rejoignent Port-Saïd en faisant escale à Malte. Les mers étant peu sûres (mines posées par les U-boot, guerre sous-marine à outrance depuis le début de l’année 1917), les soldats et les autres passagers sont équipés de ceintures de sauvetage. Source : ECPAD

Retrouvez en ligne les propositions d'intervention de Mamy RAHAROLAHY pour l'initiation des élèves à l'écriture d'un scénario :

- le déroulement des séances

- la fiche sur "les sept archétypes"

- la fiche sur "les étapes du récit"

- un exemple de correction d'un travail d'élèves en cours

- le synopsis final

- l'étude de personnages

Une dernière étape consiste à exposer le « making-of » de la BD réalisée.

« Souvenirs de poilus »

Le projet peut aussi consister à retrouver la trace de soldats revenus bien vivants à Madagascar et ayant eu des descendants. Ces derniers peuvent conserver des souvenirs, à la fois mentaux et matériels (casques, photographies, documents militaires, correspondance, médailles...). Un appel peut être lancé auprès des familles des élèves de l'établissement.

« Le monument aux morts de ma ville »

Le projet peut aussi consister à enquêter auprès des habitants sur la signification du monument, réfléchir à sa forme et se demander pourquoi aucun nom de soldat ne figure dessus.

« L’enfant dans la guerre / dans la paix »

Il s'agit de projets inter degrés, inter cycles et inter langues. L'idée est de faire préparer à des élèves des activités et/ou une exposition multilingue qu’ils proposeront à des élèves d’un autre cycle : élèves de 3e en direction d’élèves de CM2 (Antsirabe), élèves de CM2 en direction d’élèves du Collège / Lycée (EPF B).

« Au Musée Johanesa Rafiliposaona à Tadio Fandriana »

L'ouverture du tout nouveau Musée de Tadio, qui regroupe des souvenirs des deux guerres, est l'occasion d'organiser une visite scolaire et éventuellement d'inaugurer avec des élèves une sculpture en hommage aux soldats de la guerre.

« Aux soldats de Madagascar »

Le projet consiste à faire participer à l’inauguration dans le Lycée Français de Tananarive d’un monument commémoratif en laiton en honneur des combattants de la Première Guerre mondiale, associant un casque Adrian, une ancre coloniale et une palme

« Tableaux vivants »

Des tableaux vivants retranscriront l’itinéraire des tirailleurs malgaches depuis leur départ jusqu’à leur lieu de sépulture. Une bande son sera réalisée (notamment lecture de lettres de poilus en français et en malgache), des décors créés et les tableaux seront animés par des élèves en costumes.